LE FONDS ÉDUCATION SANS DÉLAI ET SES PARTENAIRES LANCENT UN PROGRAMME D’EDUCATION PLURIANNUEL POUR ASSURER L’ACCES A L’EDUCATION A PLUS DE 800 000 ENFANTS TOUCHES PAR LES CRISES AU BURKINA FASO

Éducation sans délai fait un investissement initial de 11,1 millions de dollars américains pour déployer le programme triennal de 59 millions de dollars américains

14 janvier 2021, Ouagadougou, Burkina Faso – En collaboration avec le gouvernement du Burkina Faso, l’UNICEF et Enfants du Monde, Éducation sans délai (« Education Cannot Wait » en anglais ou « ECW » – le fonds mondial dédié à l’éducation dans les situations d’urgence et les crises prolongées – a lancé aujourd’hui un nouveau programme pluriannuel qui vise à assurer l’accès à l’éducation à plus de 800 000 enfants et adolescents dans les régions du pays touchées par la crise.

Le nouveau programme bénéficie d’un financement de démarrage de 11,1 millions de dollars sur trois ans de la part d’ECW, qui sera mise en œuvre par l’UNICEF (6,1 millions de dollars) et Enfants du Monde (5 millions de dollars) en collaboration avec les partenaires des Nations Unies et de la société civile. Il vise à mobiliser 48 millions de dollars supplémentaires auprès de donateurs publics et privés pour être entièrement financé. Les interventions du programme sont alignées avec la Stratégie nationale d’éducation en situation d’urgence du Burkina Faso et le Plan de réponse humanitaire du pays.

« Au Burkina Faso, le secteur de l’éducation subit les effets négatifs de la crise de la COVID-19 ainsi que de la crise sécuritaire actuelle. Cette dernière a entraîné la fermeture de plus de 2 300 écoles et le déplacement massif de plus d’un million de personnes, tandis que la pandémie de COVID-19 a provoqué la fermeture de toutes les écoles du pays pendant plusieurs mois. Je saisis donc cette occasion pour exprimer ma reconnaissance envers Éducation sans délai pour son appui indéfectible envers nos efforts pour soutenir l’éducation en situation d’urgence », a déclaré S.E. M. Stanislas Ouaro, Ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation du Burkina Faso.

S’exprimant lors du lancement à Ouagadougou, la directrice d’ECW, Yasmine Sherif, a salué le leadership du Gouvernement et des partenaires en éducation quant à la qualité du programme spécialement conçu pour relever les défis spécifiques auxquels les filles et les garçons touchés par la crise sont confrontés pour accéder à une éducation de qualité dans les communautés touchées par la violence et l’insécurité, les déplacements forcés, l’insécurité alimentaire et les catastrophes (épidémies, sécheresses, inondations) qui sévissent au pays.

« La crise au Burkina Faso et dans tout le Sahel central est parmi les crises qui se détériorent le plus rapidement dans le monde. Nous pouvons soit regarder et ne rien faire, soit agir maintenant en investissant dans les enfants et les adolescents pour leur donner les moyens de réaliser leur plein potentiel et de devenir des agents de changement positifs pour leurs communautés », a-t-elle déclaré. « Au fonds Éducation sans délai, nous croyons au véritable pouvoir transformateur d’une éducation de qualité. Avec le lancement de ce nouveau programme, nous appelons d’autres donateurs à se joindre à nous pour garantir qu’aucune fille ni aucun garçon ne soit laissé pour compte au Burkina Faso ».

Mme. Sherif a souligné l’approche holistique des interventions planifiées pour répondre à la gamme complète des besoins des enfants et des jeunes vulnérables, y compris le soutien en matière de santé mentale, psychosocial et nutritionnel, ainsi que l’accent mis sur l’éducation des filles et la promotion d’environnements d’apprentissage sûrs et protecteurs conformément à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles. « Nous ne pouvons pas laisser des enfants se rendre à l’école sans savoir s’ils en sortiront vivants. La Déclaration sur la sécurité dans les écoles et le droit international doivent être respectés », a-t-elle déclaré.

Le financement pluriannuel d’ECW cible 60 pour cent de filles et se concentre sur les plus vulnérables, y compris les enfants déplacés et les enfants des communautés d’accueil, ainsi que les enfants handicapés. Le programme assure la continuité de l’éducation de la petite enfance (25 pour cent des enfants visés) au primaire (43 pour cent) et jusqu’au secondaire (33 pour cent).

Ces dernières années, la violence et l’insécurité ont contraint 1 000 000 de personnes à fuir leur domicile au Burkina Faso. En raison de l’insécurité croissante et des violentes attaques contre l’éducation, les enseignants et les élèves, les fermetures d’écoles ont doublé entre 2017 et 2019, perturbant l’éducation de plus de 400 000 enfants. La pandémie de COVID-19 en 2020 a exacerbé davantage les vulnérabilités aiguës des filles et des garçons déjà frappés par les crises.

À l’échelle nationale, un quart des filles et des garçons âgés de 6 à 11 ans ne sont pas scolarisés, et deux tiers de ceux-ci viennent de six des régions les plus à risque : Boucle de Mouhoun, Centre-Est, Centre-Nord, Est, Nord et Sahel. Le nouveau programme pluriannuel se concentre sur ces six régions, où le taux d’achèvement du primaire n’est que de 29 pour cent, soit moins de la moitié de ce qu’il est au niveau national, et où 56 pour cent des filles et des garçons, en particulier des adolescents, ne sont pas scolarisés. Le fait de ne pas être scolarisé expose ces filles, garçons et adolescents à de nombreux risques, notamment le recrutement dans des groupes armés, le mariage forcé et la grossesse précoce, et l’engagement dans des pratiques dangereuses de travail des enfants.

Nous sommes convaincus que ce partenariat améliorera l’accès à l’éducation des enfants vulnérables gravement touchés par la crise et préviendra la perte d’apprentissage, le risque d’abandon scolaire et l’exposition aux risques de travail des enfants et de mariage forcé », a déclaré Sandra Lattouf, Représentante de l’UNICEF au Burkina Faso. « Nous savons que l’investissement dans l’éducation est essentiel pour donner aux filles et aux garçons la possibilité de réaliser leur plein potentiel et de devenir des citoyens actifs et productifs de l’avenir. Par conséquent, nous devons agir maintenant et accélérer nos actions pour protéger le financement de l’éducation, accélérer l’accès à des écoles sûres et réintégrer tous les enfants non scolarisés, en particulier les filles les plus marginalisées et les enfants handicapés ».

« Enfants du Monde est ravie d’avoir été sélectionnée comme l’un des bénéficiaires du prochain financement de l’ECW dans le cadre du programme pluriannuel de résilience. Elle s’engage à travailler avec les partenaires du consortium d’ONG nationales, du Ministère de l’Éducation à travers le Secrétariat Technique de l’Éducation en Situation d’Urgence et ses autres services techniques ainsi que le Cluster Éducation pour réaliser les objectifs définis dans le programme en appui à la Stratégie nationale d’éducation en situation d’urgence, » a déclaré Tougma Téné Sankara, Coordinateur Régional, Sahel, Enfants du Monde.

L’annonce du financement initial pluriannuel porte le total des investissements d’ECW au Burkina Faso à plus de 21 millions de dollars depuis la mi-2019. ECW a également annoncé de nouveaux investissements pour déployer des programmes de résilience pluriannuels similaires afin de répondre aux besoins éducatifs pressants dans les pays voisins du Mali et du Niger, qui sont également touchés par les crises qui sévissent au Sahel central.

Faits et chiffres clés:

  • Le budget total du programme pluriannuel de résilience 2021-2023 pour le Burkina Faso est de 59,1 millions USD. Avec une allocation généreuse de 11,1 millions de dollars de financement de démarrage du fonds Éducation sans délai, le programme vise à mobiliser 48 millions de dollars supplémentaires auprès de donateurs publics et privés pour être pleinement mis en œuvre.
  • Le programme pluriannuel de résilience cible 813 000 filles et garçons, y compris les adolescents, dans six régions prioritaires – Boucles de Mouhoun, Centre-Est, Centre-Nord, Est, Nord et Sahel.
  • Le financement de démarrage d’ECW ciblera directement 144 000 enfants (21% du total) dans trois des six régions prioritaires avec une vaste gamme d’interventions. Les bénéficiaires visés incluent les personnes exposées à des risques sanitaires élevés et / ou de sécurité, dont 87 000 (60%) sont des filles et des adolescentes et 14 000 (10%) sont des enfants et des adolescents handicapés. Par ailleurs, 9 000 filles et garçons supplémentaires, y compris des adolescents, bénéficieront de possibilités d’éducation non formelle.

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