LE FONDS ÉDUCATION SANS DÉLAI ET SES PARTENAIRES LANCENT UN PROGRAMME D’EDUCATION PLURIANNUEL POUR ASSURER L’ACCES A L’EDUCATION A PLUS DE 800 000 ENFANTS TOUCHES PAR LES CRISES AU BURKINA FASO

Éducation sans délai fait un investissement initial de 11,1 millions de dollars américains pour déployer le programme triennal de 59 millions de dollars américains

14 janvier 2021, Ouagadougou, Burkina Faso – En collaboration avec le gouvernement du Burkina Faso, l’UNICEF et Enfants du Monde, Éducation sans délai (« Education Cannot Wait » en anglais ou « ECW » – le fonds mondial dédié à l’éducation dans les situations d’urgence et les crises prolongées – a lancé aujourd’hui un nouveau programme pluriannuel qui vise à assurer l’accès à l’éducation à plus de 800 000 enfants et adolescents dans les régions du pays touchées par la crise.

Le nouveau programme bénéficie d’un financement de démarrage de 11,1 millions de dollars sur trois ans de la part d’ECW, qui sera mise en œuvre par l’UNICEF (6,1 millions de dollars) et Enfants du Monde (5 millions de dollars) en collaboration avec les partenaires des Nations Unies et de la société civile. Il vise à mobiliser 48 millions de dollars supplémentaires auprès de donateurs publics et privés pour être entièrement financé. Les interventions du programme sont alignées avec la Stratégie nationale d’éducation en situation d’urgence du Burkina Faso et le Plan de réponse humanitaire du pays.

« Au Burkina Faso, le secteur de l’éducation subit les effets négatifs de la crise de la COVID-19 ainsi que de la crise sécuritaire actuelle. Cette dernière a entraîné la fermeture de plus de 2 300 écoles et le déplacement massif de plus d’un million de personnes, tandis que la pandémie de COVID-19 a provoqué la fermeture de toutes les écoles du pays pendant plusieurs mois. Je saisis donc cette occasion pour exprimer ma reconnaissance envers Éducation sans délai pour son appui indéfectible envers nos efforts pour soutenir l’éducation en situation d’urgence », a déclaré S.E. M. Stanislas Ouaro, Ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation du Burkina Faso.

S’exprimant lors du lancement à Ouagadougou, la directrice d’ECW, Yasmine Sherif, a salué le leadership du Gouvernement et des partenaires en éducation quant à la qualité du programme spécialement conçu pour relever les défis spécifiques auxquels les filles et les garçons touchés par la crise sont confrontés pour accéder à une éducation de qualité dans les communautés touchées par la violence et l’insécurité, les déplacements forcés, l’insécurité alimentaire et les catastrophes (épidémies, sécheresses, inondations) qui sévissent au pays.

« La crise au Burkina Faso et dans tout le Sahel central est parmi les crises qui se détériorent le plus rapidement dans le monde. Nous pouvons soit regarder et ne rien faire, soit agir maintenant en investissant dans les enfants et les adolescents pour leur donner les moyens de réaliser leur plein potentiel et de devenir des agents de changement positifs pour leurs communautés », a-t-elle déclaré. « Au fonds Éducation sans délai, nous croyons au véritable pouvoir transformateur d’une éducation de qualité. Avec le lancement de ce nouveau programme, nous appelons d’autres donateurs à se joindre à nous pour garantir qu’aucune fille ni aucun garçon ne soit laissé pour compte au Burkina Faso ».

Mme. Sherif a souligné l’approche holistique des interventions planifiées pour répondre à la gamme complète des besoins des enfants et des jeunes vulnérables, y compris le soutien en matière de santé mentale, psychosocial et nutritionnel, ainsi que l’accent mis sur l’éducation des filles et la promotion d’environnements d’apprentissage sûrs et protecteurs conformément à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles. « Nous ne pouvons pas laisser des enfants se rendre à l’école sans savoir s’ils en sortiront vivants. La Déclaration sur la sécurité dans les écoles et le droit international doivent être respectés », a-t-elle déclaré.

Le financement pluriannuel d’ECW cible 60 pour cent de filles et se concentre sur les plus vulnérables, y compris les enfants déplacés et les enfants des communautés d’accueil, ainsi que les enfants handicapés. Le programme assure la continuité de l’éducation de la petite enfance (25 pour cent des enfants visés) au primaire (43 pour cent) et jusqu’au secondaire (33 pour cent).

Ces dernières années, la violence et l’insécurité ont contraint 1 000 000 de personnes à fuir leur domicile au Burkina Faso. En raison de l’insécurité croissante et des violentes attaques contre l’éducation, les enseignants et les élèves, les fermetures d’écoles ont doublé entre 2017 et 2019, perturbant l’éducation de plus de 400 000 enfants. La pandémie de COVID-19 en 2020 a exacerbé davantage les vulnérabilités aiguës des filles et des garçons déjà frappés par les crises.

À l’échelle nationale, un quart des filles et des garçons âgés de 6 à 11 ans ne sont pas scolarisés, et deux tiers de ceux-ci viennent de six des régions les plus à risque : Boucle de Mouhoun, Centre-Est, Centre-Nord, Est, Nord et Sahel. Le nouveau programme pluriannuel se concentre sur ces six régions, où le taux d’achèvement du primaire n’est que de 29 pour cent, soit moins de la moitié de ce qu’il est au niveau national, et où 56 pour cent des filles et des garçons, en particulier des adolescents, ne sont pas scolarisés. Le fait de ne pas être scolarisé expose ces filles, garçons et adolescents à de nombreux risques, notamment le recrutement dans des groupes armés, le mariage forcé et la grossesse précoce, et l’engagement dans des pratiques dangereuses de travail des enfants.

Nous sommes convaincus que ce partenariat améliorera l’accès à l’éducation des enfants vulnérables gravement touchés par la crise et préviendra la perte d’apprentissage, le risque d’abandon scolaire et l’exposition aux risques de travail des enfants et de mariage forcé », a déclaré Sandra Lattouf, Représentante de l’UNICEF au Burkina Faso. « Nous savons que l’investissement dans l’éducation est essentiel pour donner aux filles et aux garçons la possibilité de réaliser leur plein potentiel et de devenir des citoyens actifs et productifs de l’avenir. Par conséquent, nous devons agir maintenant et accélérer nos actions pour protéger le financement de l’éducation, accélérer l’accès à des écoles sûres et réintégrer tous les enfants non scolarisés, en particulier les filles les plus marginalisées et les enfants handicapés ».

« Enfants du Monde est ravie d’avoir été sélectionnée comme l’un des bénéficiaires du prochain financement de l’ECW dans le cadre du programme pluriannuel de résilience. Elle s’engage à travailler avec les partenaires du consortium d’ONG nationales, du Ministère de l’Éducation à travers le Secrétariat Technique de l’Éducation en Situation d’Urgence et ses autres services techniques ainsi que le Cluster Éducation pour réaliser les objectifs définis dans le programme en appui à la Stratégie nationale d’éducation en situation d’urgence, » a déclaré Tougma Téné Sankara, Coordinateur Régional, Sahel, Enfants du Monde.

L’annonce du financement initial pluriannuel porte le total des investissements d’ECW au Burkina Faso à plus de 21 millions de dollars depuis la mi-2019. ECW a également annoncé de nouveaux investissements pour déployer des programmes de résilience pluriannuels similaires afin de répondre aux besoins éducatifs pressants dans les pays voisins du Mali et du Niger, qui sont également touchés par les crises qui sévissent au Sahel central.

Faits et chiffres clés:

  • Le budget total du programme pluriannuel de résilience 2021-2023 pour le Burkina Faso est de 59,1 millions USD. Avec une allocation généreuse de 11,1 millions de dollars de financement de démarrage du fonds Éducation sans délai, le programme vise à mobiliser 48 millions de dollars supplémentaires auprès de donateurs publics et privés pour être pleinement mis en œuvre.
  • Le programme pluriannuel de résilience cible 813 000 filles et garçons, y compris les adolescents, dans six régions prioritaires – Boucles de Mouhoun, Centre-Est, Centre-Nord, Est, Nord et Sahel.
  • Le financement de démarrage d’ECW ciblera directement 144 000 enfants (21% du total) dans trois des six régions prioritaires avec une vaste gamme d’interventions. Les bénéficiaires visés incluent les personnes exposées à des risques sanitaires élevés et / ou de sécurité, dont 87 000 (60%) sont des filles et des adolescentes et 14 000 (10%) sont des enfants et des adolescents handicapés. Par ailleurs, 9 000 filles et garçons supplémentaires, y compris des adolescents, bénéficieront de possibilités d’éducation non formelle.

LE FONDS ÉDUCATION SANS DÉLAI APPROUVE 33,3 MILLIONS DE DOLLARS DES ÉTATS-UNIS POUR LE BURKINA FASO, LE MALI ET LE NIGER AU SAHEL CENTRAL

En réponse à l’aggravation des crises au Sahel central, ces nouveaux programmes bénéficieront à 300 000 enfants et jeunes touchés par le déplacement, les conflits et la COVID-19 

New York, le 4 janvier 2021 – Éducation sans délai a annoncé aujourd’hui le déboursement de 33,3 millions de dollars É.-U. de subventions aux investissements à effet catalyseur, en réponse à la crise sanitaire et humanitaire qui touche le Sahel central au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Ces investissements donnent lieu à un total de 103 millions de dollars É.-U. d’investissements de la part d’Éducation sans délai, approuvés le mois dernier pour les enfants réfugiés, déplacés de force, vivant dans des communautés d’accueil et autres filles et garçons vulnérables dans ces pays, ainsi que pour les enfants et les jeunes touchés par la crise en République démocratique du Congo, au Nigeria, en Colombie, en Équateur et au Pérou.

Ces nouveaux programmes pluriannuels de résilience au Burkina Faso, au Mali et au Niger réuniront les acteurs des secteurs de l’humanitaire et du développement pour offrir conjointement aux enfants et aux jeunes laissés pour compte dans le Sahel central une éducation inclusive et de qualité. Ils s’étendront sur trois ans, avec pour objectif de mobiliser 117 millions de dollars É.-U. supplémentaires sous forme de cofinancement de la part de partenaires nationaux et internationaux, du secteur privé et de fondations philanthropiques.

La situation humanitaire s’aggrave au Sahel central en raison de multiples crises. Les terribles attaques perpétrées par des groupes armés non étatiques contre des civils dans les villages de Tchoma Bangou et Zaroumadareye au Niger le 2 janvier, qui ont tué au moins 100 personnes, dont 17 enfants (selon l’UNICEF), et blessé et déplacé des dizaines d’autres, témoignent de la façon dont la violence dans la région menace l’avenir de toute une génération. Les civils, y compris les enfants – et l’éducation – doivent en tout temps être protégés contre les attaques armées. Les investissements d’ECW soutiennent la mise en œuvre de la Déclaration sur la sécurité dans les écoles afin de promouvoir la sécurité des filles et des garçons et de protéger les élèves, les enseignants et les écoles des pires effets des conflits armés.

Les filles sont touchées de manière disproportionnée par ces crises de longue durée. C’est pourquoi les investissements d’Éducation sans délai font de leur éducation – du niveau préscolaire au niveau secondaire – une priorité, en veillant à ce que 60 % des bénéficiaires dans les trois pays soient des femmes. Éducation sans délai souligne également la nécessité d’atteindre les personnes les plus délaissées dans les contextes de crises prolongées. Les enfants et les adolescents en situation de handicap représentent ainsi 10 % des personnes à atteindre grâce à ce financement pluriannuel.

« Au Sahel central, des millions de filles et de garçons vivent en première ligne des conflits armés, de la faim, des déplacements forcés et de la pauvreté. La COVID-19 et l’augmentation des catastrophes liées aux changements climatiques exacerbent les défis auxquels ces enfants font déjà face pour exercer leur droit à l’éducation. L’éducation représente leur seul espoir. Toutefois, davantage de ressources financières sont nécessaires pour financer entièrement ces programmes conjoints, soigneusement conçus et adaptés aux crises, qui transformeront l’éducation dans le Sahel central, à condition que le financement soit disponible », a déclaré Gordon Brown, Envoyé spécial des Nations unies pour l’éducation mondiale et Président du Comité directeur de haut niveau d’Éducation sans délai.

Les programmes s’appuient sur les résultats dans les trois pays des premiers investissements en situation d’urgence d’Éducation sans délai à hauteur de 30 millions de dollars, qui ont été lancés en 2019. Ces premières réponses en situation d’urgence concernent actuellement plus de 250 000 filles et garçons touchés par les déplacements forcés dans la région.

« Les enfants, les jeunes et leurs enseignants sont désemparés face à l’absence d’une éducation inclusive de qualité et d’un environnement d’apprentissage sûr, car ils sont également la cible de violentes attaques », explique Yasmine Sherif, Directrice d’Éducation dans délai, le Fonds mondial pour l’éducation en situation d’urgence ou de crise prolongée. « Je les ai rencontrés. J’ai vu à la fois le désespoir et la résilience de jeunes adolescentes, qui revendiquent leur droit à l’éducation et demandent à être protégées contre le mariage précoce. Nous pouvons changer tout cela. Les investissements d’Éducation sans délai représentent notre volonté de donner de l’espoir et une réelle possibilité de changement. En collaboration avec ses partenaires, Éducation sans délai appelle les donateurs des secteurs public et privé à le rejoindre, à combler d’urgence le déficit de financement de 117 millions de dollars É.-U. et à mener à bien ses investissements à effet catalyseur dans ces trois programmes communs pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Nous devons agir maintenant. »

Burkina Faso

Au Burkina Faso, plus de 2,6 millions d’enfants et de jeunes ne sont pas scolarisés, et 1,7 million d’élèves supplémentaires risquent d’abandonner l’école. Alors que le gouvernement a accompli des progrès impressionnants grâce à l’amélioration de son système éducatif, la pauvreté, l’absence de documents, le travail des enfants, les handicaps, les grossesses et mariages précoces ainsi que d’autres facteurs poussent de nombreux enfants à quitter l’école. Ainsi, seul un enfant sur dix poursuit ses études secondaires.

Avec une subvention à effet catalyseur à hauteur de 11,1 millions de dollars É.-U., le programme pluriannuel de résilience du Burkina Faso cherche à mobiliser 48 millions de dollars É.-U. de financement supplémentaire. Entièrement financé, le programme touchera 913 000 filles et garçons, dont 60 % de filles. Le programme cible particulièrement les enfants déplacés, réfugiés et retournés, les enfants en situation de handicap ainsi que les enfants actuellement non scolarisés.  Le financement initial d’Éducation sans délai ciblera directement 144 000 élèves en situation vulnérable grâce à un ensemble complet d’interventions. Il sera mis en œuvre par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (6,1 millions de dollars É.-U.) et Enfants du Monde (5 millions de dollars É.-U.).

« Au Burkina Faso, le secteur de l’éducation subit les effets négatifs de la crise de la COVID-19 ainsi que de la crise sécuritaire actuelle. Cette dernière a entraîné la fermeture de plus de 2 300 écoles et le déplacement massif de plus d’un million de personnes, tandis que la pandémie de COVID-19 a provoqué la fermeture de toutes les écoles du pays pendant plusieurs mois. Je saisis donc cette occasion pour exprimer ma reconnaissance envers Éducation sans délai pour son appui indéfectible envers nos efforts pour soutenir l’éducation en situation d’urgence », a déclaré S.E. M. Stanislas Ouaro, ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation du Burkina Faso.

Mali

Le Mali fait face à une grave crise humanitaire et sécuritaire. Les effets combinés du conflit et de l’insécurité aux multiples aspects ainsi que les inondations à répétition accentuent les vulnérabilités préexistantes et empêchent un accès durable aux possibilités d’éducation. Les attaques aveugles de groupes armés contre les civils, la violence à l’égard des femmes et des filles ainsi que les attaques contre les institutions publiques, y compris les écoles et les établissements de santé, sont courantes. Elles entraînent des déplacements de populations dans une région déjà confrontée aux conséquences des changements climatiques, à l’extrême pauvreté, à l’absence de débouchés économiques et à la pénurie des services de base. L’arrivée de la COVID-19 a aggravé la situation. À l’heure actuelle, environ 3,8 millions de filles et de garçons sont inscrits dans une école primaire ou secondaire au Mali, ce qui signifie que jusqu’à 50 % des enfants ne sont pas scolarisés.

Avec 11,1 millions de dollars É.-U. de financement initial de la part d’Éducation sans délai, le programme pluriannuel de résilience au Mali cherche à mobiliser 30,6 millions de dollars É.-U. de financement supplémentaire. Entièrement financé, le programme, qui s’étend sur trois ans, touchera 370 000 enfants, dont 60 % de filles et 10 % d’enfants en situation de handicap. La subvention à effet catalyseur d’Éducation sans délai sera mise en œuvre par EducCo (2,7 millions de dollars É.-U.), Plan International (2,7 millions de dollars É.-U.), Save the Children (3,2 millions de dollars É.-U.) et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (2,5 millions de dollars É.-U.). L’investissement permettra non seulement aux partenaires d’atteindre 90 000 enfants et jeunes, mais aussi de soutenir des interventions dans les régions prioritaires en mettant l’accent sur les régions de Mopti et de Menaka, qui présentent les niveaux de vulnérabilité les plus élevés. Les bénéficiaires comprennent les enfants et les jeunes réfugiés, retournés, déplacés à l’intérieur de leur pays et vivant dans des communautés d’accueil.

« Le Gouvernement du Mali exprime sa gratitude à l’égard d’Éducation sans délai pour son financement de 11,1 millions de dollars des États-Unis en vue de maintenir une éducation de qualité pour les enfants touchés par des crises et les jeunes affectés par la fermeture des écoles dans les zones d’urgence du pays, par le biais de nombreuses possibilités d’apprentissage », a déclaré M. Kinane Ag Gadeda, Secrétaire général du Ministère de l’éducation nationale du Mali.

Niger

Le système éducatif du Niger est confronté à de nombreux défis majeurs. En 2019, seuls 13 % des élèves du préscolaire, 64 % du primaire, 29 % du secondaire inférieur et 10 % du secondaire supérieur étaient scolarisés. L’investissement cible activement les régions touchées par la crise où ces taux sont tous inférieurs à la moyenne nationale. La crise humanitaire a encore renforcé les pressions sur le système éducatif. Les changements climatiques entraînent une insécurité alimentaire chronique et des déplacements dus à la sécheresse. Ces deux facteurs provoquent des conflits et des migrations transfrontalières qui exercent des pressions importantes sur le système éducatif.

Avec un financement initial à hauteur de 11,1 millions de dollars É.-U. de la part d’Éducation sans délai, l’intervention globale pluriannuelle vise à mobiliser 39,2 millions de dollars É.-U. supplémentaires pour toucher un total de 275 000 enfants. Les subventions à effet catalyseur d’Éducation sans délai visent 61 000 filles et garçons, y compris les adolescents des régions de Tillaberi et de Tahoua. Mis en œuvre par le Programme alimentaire mondial (4,4 millions de dollars É.-U.), Plan International (3,3 millions de dollars É.-U.) et World Vision International (3,3 millions de dollars É.-U.), les fonds d’Éducation sans délai bénéficieront à 19 300 réfugiés, à 2 600 enfants et adolescents en situation de handicap, et à plus de 30 000 filles et adolescentes.

« Je profite de cette occasion pour réaffirmer notre gratitude et notre reconnaissance envers Éducation sans délai pour avoir approuvé le programme pluriannuel de résilience visant à soutenir les efforts du gouvernement du Niger au cours des trois prochaines années en vue d’aider les enfants vulnérables dans les zones du pays touchées par des crises. J’appelle tous les partenaires du Niger à soutenir ce programme en comblant le déficit de financement afin que la crise touchant le secteur éducatif ne soit pas oubliée parmi les crises qui sévissent dans le pays », a affirmé Yahouza Sadissou, Ministre de coordination pour les ministères en charge de l’éducation au Niger.

S’ENGAGER ENSEMBLE POUR RECONSTRUIRE PAR L’EDUCATION

Coalition éducation / Yasmine Sherif, Director, ECW

Alors que la pandémie de Covid-19 continue de se répandre à travers le monde, mettant en péril l’éducation de 1,18 milliard d’apprenants dans 191 pays[1], certains sont encore plus durement touchés que les autres. Ce sont les 75 millions d’enfants et de jeunes, dont 39 millions de filles, déjà marginalisés par les conflits armés, les déplacements forcés et les catastrophes naturelles avant la crise – et dont le nombre continue à augmenter.

Au-delà de mettre en péril la continuité de l’éducation, la fermeture des écoles augmente les risques d’abus et d’exploitation, y-compris le travail des enfants, les mariages forcés et les violences basées sur le genre. Elle risque également d’avoir de graves conséquences psychosociales sur les enfants, en particulier sur les plus vulnérables, dont les filles et les personnes handicapées. C’est aujourd’hui l’avenir de toute une génération qui est remis en question.

Face à un défi d’une telle ampleur, seule une mobilisation conjointe et une réponse coordonnée peuvent faire la différence. Education Cannot Wait inscrit ainsi sa réponse d’urgence dans le cadre de l’appel humanitaire du système des Nations Unies et participe depuis le début de la crise au groupe de coordination mondiale pour l’éducation mené par l’UNESCO. Mais, pour réussir, ce sont tous les acteurs, y-compris les gouvernements et les organisations de la société civile, qui doivent se rassembler dans un esprit d’humanité et de multilatéralisme et mobiliser les ressources financières nécessaires pour assurer un avenir à 75 millions d’enfants et de jeunes laissés pour compte.

ECW salue ainsi le travail de Coalition Education, une coalition d’organisations françaises de défense du droit à l’éducation, qui a récemment publié un rapport sur l’Aide française a l’éducation. Ce rapport met en valeur le rôle central de l’éducation pour la paix et le développement, en particulier dans les contextes de crise. Une éducation de qualité est aujourd’hui plus que jamais le vecteur central pour accélérer le développement, renforcer la protection des droits humains et permettre à la génération actuelle de vivre une vie de dignité, de productivité et d’opportunité.

La France a été un des premiers partenaires de ECW et partage avec ECW un engagement fort pour l’éducation, et en particulier pour l’éducation des filles. Le soutien de la France aux questions d’éducation dans les pays du Sud est indispensable, à la fois dans le cadre de la réponse au COVID 19, mais aussi pour le renforcement des systèmes éducatifs dans le plus long terme. Le leadership et l’influence de la France sont d’autant plus importants dans les contextes de crise et de fragilité où l’éducation souffre déjà d’un manque de visibilité et d’investissements.

Grâce à l’appui de la France, ECW a piloté des solutions d’apprentissage innovantes dans le cadre du Covid-19, en partenariat avec l’UNESCO et le Ministère de l’éducation du Liban. Cette initiative a permis d’améliorer l’accès à l’éducation pour les enfants vulnérables au Liban, y compris les filles et les garçons réfugiés et déplacés. Mais nous devons aller plus loin. En effet, l’éducation, déjà sous-financée dans les contextes d’urgence et de crise prolongée, risque d’être encore plus mise à mal par la crise du COVID 19, alors que l’aide au développement menace de diminuer dans un contexte de récession économique. Nous devons donc choisir de nous concentrer sur l’espoir plutôt que sur la peur.  

Certaines régions sont plus vulnérables que d’autres. Comme le montre le rapport publié par la Coalition Éducation, la région du Sahel et plus généralement l’Afrique sub-Saharienne comptent par exemple un très grand nombre d’enfants et de jeunes hors de l’école, pour qui l’accès à un environnement d’apprentissage protecteur est synonyme d’espoir d’un avenir meilleur. Ces régions sont au cœur des investissements de ECW, avec plus de 16 millions USD déjà investis dans la région du Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger), et 15 millions USD supplémentaires qui seront investis en 2020.

ECW compte sur la France en tant que grand partenaire stratégique pour aider les efforts collectifs à réussir dans l’éducation des enfants et des jeunes au Tchad, en République centrafricaine, au Mali, au Burkina Faso et au Niger, pour ne citer que quelques pays qui ont un besoin urgent. De façon plus générale, Education Cannot Wait vise à mobiliser 1,8 milliard de dollars d’ici à 2021 pour atteindre 9 millions d’enfants et de jeunes dans les pays touchés par les crises. Maintenir le droit à l’éducation est essentiel pour prévenir les crises, lutter contre la pauvreté, et réduire les inégalités. C’est la base du développement durable et sans éducation, il n’y aura pas de fondation.

Si nous nous réunissons tous pour atteindre les 75 millions d’enfants et de jeunes les plus marginalisés par les conflits et des déplacements forcés, et désormais doublement touchés par le COVID-19, nous pouvons transformer l’avenir. Dans tous les cas, à l’impossible, nous sommes tenus.

[1] https://fr.unesco.org/covid19/educationresponse

EMPOWERING LANGUAGE LEARNING IN LEBANON

Residents at a Syrian refugee camp in the Beqaa Valley of eastern Lebanon. UN Photo/Mark Garten
Residents at a Syrian refugee camp in the Beqaa Valley of eastern Lebanon. UN Photo/Mark Garten

US$2.2 MILLION UNESCO PROJECT FUNDED BY EDUCATION CANNOT WAIT WILL IMPROVE FRENCH TEACHING AND LEARNING TO BENEFIT REFUGEES FROM SYRIAN CRISIS AND OVERALL LEARNING OUTCOMES

28 November 2018, Beirut – Language is power. To empower its students and improve French teaching and learning – especially for Syrian refugees who have struggled to progress and thrive in classes primarily taught in the French language – UNESCO is partnering with the Lebanese Ministry of Education and Higher Education (MEHE) to scale up the impacts of a US$2.2 million project funded by Education Cannot Wait.

The project will promote the quality and effectiveness of teaching and learning in French for both Lebanese and non-Lebanese students to improve learning outcomes in core subjects. In a bilingual society, this will contribute to improvements in transition and retention rates, and provide a safer, more effective learning environment for recent arrivals fleeing the war, chaos and danger in Syria.

“This investment in developing the capacity of schools and teachers to deliver quality education to vulnerable Lebanese and Syrian children is one of the high priorities of the Ministry of Education and Higher Education in Lebanon to stress that access and enrollment to schools are not enough to ensure quality learning,” said Mr. Fadi Yarak, Director General of Education at the Lebanese Ministry of Education and Higher Education. “We have to continuously improve to deliver the best education for these children to ensure that they successfully finish their school years and move on to a brighter future.”

UNDERSTANDING THE LEBANESE EDUCATION CONTEXT

Development of Lebanon’s education sector was disrupted by the onset of the Syria Crisis, which obliged the Ministry of Education and Higher Education (MEHE) to focus on coordinating and managing an emergency response.

Since 2011, MEHE has created places for more than 200,000 non-Lebanese, primarily Syrian, students in its public schools, from a starting point of around 3,000. As a result, the kindergarten to Grade 9 public school population has doubled in the last seven years.

The Ministry’s focus from 2018 is on transitioning from emergency response to meeting the development challenges of managing a protracted crisis. This is critical if Lebanon is to be able to offer all children the kind of education envisaged in Sustainable Development Goal 4 by 2030.

Around three-quarters of Lebanon’s public schools use French as the primary language for instruction for core subjects including mathematics and science from Grade 4 onwards. Students’ ability to learn effectively and progress is therefore highly dependent on developing functional literacy in a second language in early grades, supplemented by continuous, targeted, pupil-centric support from teachers onwards.

While many Lebanese students find the transition from Arabic to French instruction challenging, this issue is compounded for their non-Lebanese peers. These students are overwhelmingly Syrian nationals who have fled the conflict in their home country. Seven years into the Syria Crisis, half of all pupils enrolled in public schools are non-Lebanese. This presents significant challenges for the system, teachers, communities and students themselves.

“I believe that Education Cannot Wait has a very important role to play both to Lebanon and in other countries across the region. ECW’s financial resources and investments focus on quality education and powerful political advocacy, making ECW an impressive vehicle to influence and bring change,” said Philippe Lazzarini, Deputy UN Special Coordinator for Lebanon (UNSCOL), UN Resident and Humanitarian Coordinator for Lebanon and the United Nations Development Programme Resident Representative. “Although we now have 200,000 Syrian students absorbed in Lebanese public schools, we have approximately 300,000 more who are out of school, largely girls and youth over 14 years old.”

Lazzarini went on to underscore the value of this investment, encouraging its replication and scaling up across all regions in Lebanon to address the pressing needs of vulnerable host communities and displaced populations.

HOLISTIC APPROACHES

Addressing education in crisis in the extremely complex region requires multiple bespoke approaches, engagement with a wide variety actors, innovation and flexibility. In neighboring Syria, Education Cannot Wait-funded activities have reached nearly 30,000 children, including over 15,000 girls. In the Occupied Territories of Palestine, Education Cannot Wait-funded activities have reached over 138,000 children, including 67,300 girls. (Figures June 2018)

“Quality education is an essential building block for peace, stability and a better future in this region,” said Yasmine Sherif, Director of Education Cannot Wait, a new global fund for education in crisis hosted by UNICEF that is looking to mobilize US$1.8 billion to reach 8.9 million children living in crisis by 2021. ““This project enables Syrian refugees and vulnerable Lebanese to effectively study core subjects and participate in the cultural heritage of diversity, art and literature. Such pluralism is a critical aspect of education for peace and stability.”

PROJECT OUTPUTS AT A GLANCE

  • Supporting schools, teachers and students, with a range of high quality, teaching and learning software, materials and equipment, focused on Francophone education.
  • Building the capacity of the existing cadre of teacher coaches (DOPS Counselors) to support teachers in the classrooms of French medium schools, with an emphasis on math and science, as well as French language.
  • Sharing and debating the results of the project and the broader issues of Francophone teaching and learning, and of education in non-mother tongues through a series of workshops and seminars, and producing learning materials and resources.

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