S’ENGAGER ENSEMBLE POUR RECONSTRUIRE PAR L’EDUCATION

Coalition éducation / Yasmine Sherif, Director, ECW

Alors que la pandémie de Covid-19 continue de se répandre à travers le monde, mettant en péril l’éducation de 1,18 milliard d’apprenants dans 191 pays[1], certains sont encore plus durement touchés que les autres. Ce sont les 75 millions d’enfants et de jeunes, dont 39 millions de filles, déjà marginalisés par les conflits armés, les déplacements forcés et les catastrophes naturelles avant la crise – et dont le nombre continue à augmenter.

Au-delà de mettre en péril la continuité de l’éducation, la fermeture des écoles augmente les risques d’abus et d’exploitation, y-compris le travail des enfants, les mariages forcés et les violences basées sur le genre. Elle risque également d’avoir de graves conséquences psychosociales sur les enfants, en particulier sur les plus vulnérables, dont les filles et les personnes handicapées. C’est aujourd’hui l’avenir de toute une génération qui est remis en question.

Face à un défi d’une telle ampleur, seule une mobilisation conjointe et une réponse coordonnée peuvent faire la différence. Education Cannot Wait inscrit ainsi sa réponse d’urgence dans le cadre de l’appel humanitaire du système des Nations Unies et participe depuis le début de la crise au groupe de coordination mondiale pour l’éducation mené par l’UNESCO. Mais, pour réussir, ce sont tous les acteurs, y-compris les gouvernements et les organisations de la société civile, qui doivent se rassembler dans un esprit d’humanité et de multilatéralisme et mobiliser les ressources financières nécessaires pour assurer un avenir à 75 millions d’enfants et de jeunes laissés pour compte.

ECW salue ainsi le travail de Coalition Education, une coalition d’organisations françaises de défense du droit à l’éducation, qui a récemment publié un rapport sur l’Aide française a l’éducation. Ce rapport met en valeur le rôle central de l’éducation pour la paix et le développement, en particulier dans les contextes de crise. Une éducation de qualité est aujourd’hui plus que jamais le vecteur central pour accélérer le développement, renforcer la protection des droits humains et permettre à la génération actuelle de vivre une vie de dignité, de productivité et d’opportunité.

La France a été un des premiers partenaires de ECW et partage avec ECW un engagement fort pour l’éducation, et en particulier pour l’éducation des filles. Le soutien de la France aux questions d’éducation dans les pays du Sud est indispensable, à la fois dans le cadre de la réponse au COVID 19, mais aussi pour le renforcement des systèmes éducatifs dans le plus long terme. Le leadership et l’influence de la France sont d’autant plus importants dans les contextes de crise et de fragilité où l’éducation souffre déjà d’un manque de visibilité et d’investissements.

Grâce à l’appui de la France, ECW a piloté des solutions d’apprentissage innovantes dans le cadre du Covid-19, en partenariat avec l’UNESCO et le Ministère de l’éducation du Liban. Cette initiative a permis d’améliorer l’accès à l’éducation pour les enfants vulnérables au Liban, y compris les filles et les garçons réfugiés et déplacés. Mais nous devons aller plus loin. En effet, l’éducation, déjà sous-financée dans les contextes d’urgence et de crise prolongée, risque d’être encore plus mise à mal par la crise du COVID 19, alors que l’aide au développement menace de diminuer dans un contexte de récession économique. Nous devons donc choisir de nous concentrer sur l’espoir plutôt que sur la peur.  

Certaines régions sont plus vulnérables que d’autres. Comme le montre le rapport publié par la Coalition Éducation, la région du Sahel et plus généralement l’Afrique sub-Saharienne comptent par exemple un très grand nombre d’enfants et de jeunes hors de l’école, pour qui l’accès à un environnement d’apprentissage protecteur est synonyme d’espoir d’un avenir meilleur. Ces régions sont au cœur des investissements de ECW, avec plus de 16 millions USD déjà investis dans la région du Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger), et 15 millions USD supplémentaires qui seront investis en 2020.

ECW compte sur la France en tant que grand partenaire stratégique pour aider les efforts collectifs à réussir dans l’éducation des enfants et des jeunes au Tchad, en République centrafricaine, au Mali, au Burkina Faso et au Niger, pour ne citer que quelques pays qui ont un besoin urgent. De façon plus générale, Education Cannot Wait vise à mobiliser 1,8 milliard de dollars d’ici à 2021 pour atteindre 9 millions d’enfants et de jeunes dans les pays touchés par les crises. Maintenir le droit à l’éducation est essentiel pour prévenir les crises, lutter contre la pauvreté, et réduire les inégalités. C’est la base du développement durable et sans éducation, il n’y aura pas de fondation.

Si nous nous réunissons tous pour atteindre les 75 millions d’enfants et de jeunes les plus marginalisés par les conflits et des déplacements forcés, et désormais doublement touchés par le COVID-19, nous pouvons transformer l’avenir. Dans tous les cas, à l’impossible, nous sommes tenus.

[1] https://fr.unesco.org/covid19/educationresponse

EMPOWERING LANGUAGE LEARNING IN LEBANON

Residents at a Syrian refugee camp in the Beqaa Valley of eastern Lebanon. UN Photo/Mark Garten
Residents at a Syrian refugee camp in the Beqaa Valley of eastern Lebanon. UN Photo/Mark Garten

US$2.2 MILLION UNESCO PROJECT FUNDED BY EDUCATION CANNOT WAIT WILL IMPROVE FRENCH TEACHING AND LEARNING TO BENEFIT REFUGEES FROM SYRIAN CRISIS AND OVERALL LEARNING OUTCOMES

28 November 2018, Beirut – Language is power. To empower its students and improve French teaching and learning – especially for Syrian refugees who have struggled to progress and thrive in classes primarily taught in the French language – UNESCO is partnering with the Lebanese Ministry of Education and Higher Education (MEHE) to scale up the impacts of a US$2.2 million project funded by Education Cannot Wait.

The project will promote the quality and effectiveness of teaching and learning in French for both Lebanese and non-Lebanese students to improve learning outcomes in core subjects. In a bilingual society, this will contribute to improvements in transition and retention rates, and provide a safer, more effective learning environment for recent arrivals fleeing the war, chaos and danger in Syria.

“This investment in developing the capacity of schools and teachers to deliver quality education to vulnerable Lebanese and Syrian children is one of the high priorities of the Ministry of Education and Higher Education in Lebanon to stress that access and enrollment to schools are not enough to ensure quality learning,” said Mr. Fadi Yarak, Director General of Education at the Lebanese Ministry of Education and Higher Education. “We have to continuously improve to deliver the best education for these children to ensure that they successfully finish their school years and move on to a brighter future.”

UNDERSTANDING THE LEBANESE EDUCATION CONTEXT

Development of Lebanon’s education sector was disrupted by the onset of the Syria Crisis, which obliged the Ministry of Education and Higher Education (MEHE) to focus on coordinating and managing an emergency response.

Since 2011, MEHE has created places for more than 200,000 non-Lebanese, primarily Syrian, students in its public schools, from a starting point of around 3,000. As a result, the kindergarten to Grade 9 public school population has doubled in the last seven years.

The Ministry’s focus from 2018 is on transitioning from emergency response to meeting the development challenges of managing a protracted crisis. This is critical if Lebanon is to be able to offer all children the kind of education envisaged in Sustainable Development Goal 4 by 2030.

Around three-quarters of Lebanon’s public schools use French as the primary language for instruction for core subjects including mathematics and science from Grade 4 onwards. Students’ ability to learn effectively and progress is therefore highly dependent on developing functional literacy in a second language in early grades, supplemented by continuous, targeted, pupil-centric support from teachers onwards.

While many Lebanese students find the transition from Arabic to French instruction challenging, this issue is compounded for their non-Lebanese peers. These students are overwhelmingly Syrian nationals who have fled the conflict in their home country. Seven years into the Syria Crisis, half of all pupils enrolled in public schools are non-Lebanese. This presents significant challenges for the system, teachers, communities and students themselves.

“I believe that Education Cannot Wait has a very important role to play both to Lebanon and in other countries across the region. ECW’s financial resources and investments focus on quality education and powerful political advocacy, making ECW an impressive vehicle to influence and bring change,” said Philippe Lazzarini, Deputy UN Special Coordinator for Lebanon (UNSCOL), UN Resident and Humanitarian Coordinator for Lebanon and the United Nations Development Programme Resident Representative. “Although we now have 200,000 Syrian students absorbed in Lebanese public schools, we have approximately 300,000 more who are out of school, largely girls and youth over 14 years old.”

Lazzarini went on to underscore the value of this investment, encouraging its replication and scaling up across all regions in Lebanon to address the pressing needs of vulnerable host communities and displaced populations.

HOLISTIC APPROACHES

Addressing education in crisis in the extremely complex region requires multiple bespoke approaches, engagement with a wide variety actors, innovation and flexibility. In neighboring Syria, Education Cannot Wait-funded activities have reached nearly 30,000 children, including over 15,000 girls. In the Occupied Territories of Palestine, Education Cannot Wait-funded activities have reached over 138,000 children, including 67,300 girls. (Figures June 2018)

“Quality education is an essential building block for peace, stability and a better future in this region,” said Yasmine Sherif, Director of Education Cannot Wait, a new global fund for education in crisis hosted by UNICEF that is looking to mobilize US$1.8 billion to reach 8.9 million children living in crisis by 2021. ““This project enables Syrian refugees and vulnerable Lebanese to effectively study core subjects and participate in the cultural heritage of diversity, art and literature. Such pluralism is a critical aspect of education for peace and stability.”

PROJECT OUTPUTS AT A GLANCE

  • Supporting schools, teachers and students, with a range of high quality, teaching and learning software, materials and equipment, focused on Francophone education.
  • Building the capacity of the existing cadre of teacher coaches (DOPS Counselors) to support teachers in the classrooms of French medium schools, with an emphasis on math and science, as well as French language.
  • Sharing and debating the results of the project and the broader issues of Francophone teaching and learning, and of education in non-mother tongues through a series of workshops and seminars, and producing learning materials and resources.

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